Le Convive de pierre

leconvivedepierreEdité par : : Actes Sud, ISBN 2869431643, Nb. Pages : 52 (1992)

Il ne suffisait pas à Ruiz d'explorer de film en film (du Chili à la France, une soixantaine à ce jour) "les modes du rêve et manières de la mémoire" ; conjuguant et confrontant artifices, procédés, stéréotypes ; faisant de la manière la matière même de son cinéma. Il fallait que Ruiz affronte directement le théâtre.
Il commença par porter des pièces à l'écran, non sans les revisiter : ainsi sa remarquable Bénérice et son intéressant Richard III. Puis il signa un couplé passionnant, montant pour la scène La Vie est un songe de Calderán tout en réalisant à partir de ce même texte une dérive cinématographique, Mémoire des apparences.
Gageons que cette fois-ci Ruiz ne fera pas de film, Le Convive de pierre restant réservé aux planches. Mais peut-être est-ce le commandeur qui intime aujourd'hui à cet homme d'image d'aller voir à la source, au théâtre, à l'origine du spectacle, du jeu. Du " je ", sans doute : tout jeune, Ruiz aurait écrit cent pièces. Vrai ou faux ? Possible, foi de Ruiz ! Don Juan, ce libertin espagnol légendaire pour la première fois mis en scène par le dramaturge baroque Tirso de Molina, ne fit-il pas lui-même cent et une conquêtes ; la dernière étant, à chaque fois toujours plus, la première ?